Être réfugié, une tragédie d’hier et d’aujourd’hui, projet des lycéens du Lycée Ernest Ferroul de Lézignan

Lundi 22 mai

Vernissage de l’exposition Être réfugié, une tragédie d’hier et d’aujourd’hui, un projet pluri-disciplinaire adossé à une participation au Prix des lycéens de la FAM. Lecture de poèmes, visionnage du court métrage des élèves de l’option cinéma qui se sont inspirés d’une lettre découverte lors de la visite du Mémorial de Rivesaltes, lecture de carnets de bords écrits par les élèves de 3eme du collège Joseph Anglade avec qui nous avons partagé ce travail, en présence des conseillers départementaux à l’éducation Mme Dumontet et M.Gasparini et du président de la communauté des communes du Lezignanais M.Hernandez.


Le projet du Lycée Ferroul à la cérémonie du 60ème anniversaire de l’Ordre National du Mérite

Ce projet d’éducation à la citoyenneté et au travail de mémoire a été mené dans une classe de 1ère générale, en lien avec les élèves de 1ère de l’option cinéma du Lycée Ernest Ferroul de Lézignan-Corbières et en liaison avec une classe de 3ème du collège Joseph Anglade de Lézignan.

Il représentera l’Aude au Comité National.

Il s’agit d’un projet pluridisciplinaire qui croise l’espagnol, le français, l’histoire, l’éducation morale et civique, les sciences politiques et la documentation.

L’objectif était de transmettre aux élèves des connaissances sur un événement passé : l’exil républicain espagnol, la Retirada de 1939 pour qu’ils s’approprient les valeurs de respect, de tolérance, d’engagement en nourrissant leur réflexion sur l’époque actuelle et qu’ils écrivent un poème ou un texte narratif dans le cadre de notre participation au concours d’écriture des lycéens de la Fondation Antonio Machado de Collioure.

Ainsi, amener nos lycéens à réfléchir à la figure de l’exilé, de l’étranger considéré comme « indésirable », du poète engagé dans la défense de la République et terrassé par la guerre civile était une ambition qui nous réunissait et qui a motivé notre démarche.

Ce projet nous a enrichis tout au long de l’année, d’octobre à mars, car il a été jalonné de visites et de rencontres passionnantes.

Se rendre dans des lieux mémoriels locaux et patrimoniaux comme l’ancien camp d’internement et le Mémorial de Rivesaltes ainsi que le Musée de l’Exil à La Jonquera et la visite du village de La Vajol, cachette des trésors de la République et le chemin emprunté jusqu’au col de Lli sur les pas des autorités espagnoles et des réfugiés ont fait prendre conscience aux élèves des souffrances liées à la guerre et à l’exode et de l’importance de la lutte pour la liberté et la démocratie.

Le partage de ce travail avec les élèves de 1ère de l’option Cinéma a été bénéfique pour ce groupe qui s’est investi dans la thématique de l’exil, sensibilisé par l’œuvre de l’artiste catalan Josep Bartoli étudiée.

L’atelier mené par le service pédagogique du Mémorial de Rivesaltes sur les dessins de Bartoli de la guerre d’Espagne et des camps d’internement français ainsi que des lettres découvertes dans l’exposition permanente du mémorial nous ont inspiré la réalisation d’un court-métrage où nous avons mis en avant la transmission d’une histoire familiale que nous nous sommes appropriée, nous en avons rédigé un scénario, conçu un story-board, réalisé des dessins pour créer un court-métrage de 2 minutes intitulé « Lettre retrouvée ».
D’autres camarades ont rédigé un synopsis mêlant deux expérience réelles : celle de la grand-mère d’un élève de l’option qui a dû fuir les pogroms en Ukraine au début du XXème siècle  et celle d’un élève du lycée qui a dû fuir l’Ukraine de Poutine l’an dernier avec l’écriture d’un dialogue au cours duquel on découvre que l’histoire d’un jeune ukrainien d’aujourd’hui rappelle celle de sa grand-mère.

La liaison entre les lycéens et les collégiens a donné lieu à des échanges entre générations, en travaillant de façon commune sur l’exposition des Archives départementales des camps de réfugiés de l’Aude de 1939 à 1940 et en rencontrant des témoins de l’association FFREEE de Argelès-sur-mer.

Par la suite, plusieurs élèves de la classe ont eu la volonté de faire le récit à leurs camarades de membres de leurs familles qui ont connu le déracinement et l’exil en France, ces recherches et ces questionnements ont été émouvants pour eux et intéressants pour tous.

La rencontre avec l’artiste peintre Hélène Lachèze venue présenter ses œuvres sur la Retirada aux lycéens a complété leur initiation à l’engagement artistique.

Enfin, enrichis et inspirés par les enseignements, les visites et les rencontres, les élèves ont écrit des poèmes et des textes narratifs sur les thèmes de la guerre, des libertés bafouées, du départ, de la séparation, de l’amour…

En participant à ce Prix d’écriture de la Fondation Machado, ils ont fait preuve de courage et de créativité, témoignant de leur engagement citoyen, du combat pour les valeurs humanistes et ont relevé le défi avec succès : 5 élèves ont été primés dont une élève lauréate du Premier Prix.

Ils les ont partagés avec une dizaine de classes du lycée par des lectures impromptues lors du Printemps des poètes sur le thème des Frontières et un recueil a été édité.

Stéphanie Garcia